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mardi 28 juillet 2015

 Dimanche 26 juillet 2015, le Festival des Rencontres Brel à St Pierre de Chartreuse proposait des spectacles de rue, « les Endimanchés ». Parmi eux, Les Güms. Cette compagnie a fait escale à Lyon pour une résidence à la Friche Lamartine.
 
Mais que se cache-t-il sous ce monde burlesque où "l'exploit sort de l'extraordinaire" ?

Le rire prend toute la place dans ce spectacle. Le duo de comédiens fonctionne parfaitement, grâce à leur talent d’acteurs et leur complémentarité. Acrobaties et jonglage participent de ce burlesque et servent l’histoire qui se tisse entre les deux personnages. Elle est petite et aime chanter, lui est grand et sait jouer de l’accordéon. 

Ils aiment se mettre au défi. Lequel des deux est réellement le plus grand ? Et si on essayait de changer de peau, d’intervertir les deux acteurs dans les personnages ?

Le duo sait rebondir, improviser et intégrer au spectacle les événements de la rue et les réactions des spectateurs. Le public rit et en redemande. Il garde la chanson fétiche de ce duo en tête. Nous sommes conquis.


"STOïK", avec Clemence Rouzier et Brian Hennninot. Retrouvez-les un peu partout jusqu'à la fin de l'été !

mercredi 8 juillet 2015

Alice avec le Collectif 8

L'esprit d'Alice semble refuser la réalité et l'accroche à ses rêves, ses rencontres avec des êtres incroyables tout droit sortis de romans de Lewis Carroll. Le Collectif 8 nous invite ici à un réel voyage onirique.

La musique sombre et profonde accompagne en direct la voix fine et puissante du chanteur. Une palette de teintes minimisée et la précision des projections vidéos viennent compléter l'ambiance envoûtante de ce spectacle. Choix des images, scénographie, costumes, masques, voix, musique, comédiens, texte, tous ces éléments sont parfaitement agencés et révèlent un important travail artistique du collectif.

Ici, tout concourt à faire entrer le spectateur dans le monde d'Alice.

Au festival d'Avignon Off, Théâtre du Chêne Noir du 4 au 26 juillet 2015 à 15H30.

mardi 6 janvier 2015

Un "live magazine" à la Gaité Lyrique à Paris

Curieuse face à cet événement défini comme "Revue vivante d'histoires vraies", j'y suis allée avec une amie le mois dernier.

Une dizaine de journalistes, photographes, juristes et autres professionnels montent sur scène un à un pour nous raconter une histoire choisie.

Ce jour froid et pluvieux du 12 décembre 2014, on commence par entendre la vie d'un couple qui termine mal, très mal même. Rien ne présageait le crime et la conteuse ne nous a rien dévoilé par avance. On se croirait en pleine fiction!

Ainsi se suivent plusieurs histoires et faits divers étranges, curieux, inattendus, surprenants, incroyables ou banals, mais toujours vrais et bien différents les uns des autres. Rythmée par des intermèdes musicaux, cette soirée fut une belle découverte. Un concept intéressant à garder en tête et à noter dans votre agenda dès que vous en avez l'occasion.

vendredi 3 octobre 2014

"Planites" de Patricia Apergi, chorégraphe grecque

Planites : les planètes tournent autour du soleil et ne s’arrêtent jamais, les hommes aussi sont en mouvement perpétuellement. Les migrations, souhaitées ou imposées, confrontent les hommes à de nombreuses difficultés. 


Patricia Apergi nous présente sur scène des danses d’ailleurs et d’antan avec sa vision contemporaine. On retrouve ici et là quelques touches de danses africaines, orientales, celtes mais aussi du flamenco. 

Cinq danseurs. Cinq hommes. Comme si les hommes portaient en eux cette symbolique (et en même temps ce préjugé) du voyage. La chorégraphie est millimétrée. La coordination et la précision des gestes en attestent. Allers et retours se succèdent. Submergent des sympathies mais aussi des conflits. Quelques mots grecs, quelques onomatopées. Leur langage est universel car finalement tout se joue à travers les émotions et l’énergie renvoyées par les danseurs.

Face à ce plateau, le spectateur en prend plein les yeux. Certaines images sont magnifiques, comme des flashs. Quant à la musique, elle vient harmonieusement se fondre dans les gestes. Et vice versa.


Quelques extraits, qui ne remplaceront jamais le spectacle en direct :  https://www.youtube.com/watch?v=jPVzyCg8yo4

vendredi 4 avril 2014

Samedi 29 mars 2014, journée Cumulus sous le soleil.

Journée organisée par la Biennale Musiques en Scène.

En compagnie de Pierre Badaroux et Laurent Sellier de la Cie(Mic)zzaj dans une péniche, le public est installé dans une piscine à balles. Petits et grands sont réunis pour l’occasion. Le concept est original, drôle et divertissant. Cependant, on se rend vite compte que le concert nous échappe facilement, notre attention est détournée par l’aspect ludique de l’événement et nous perdons une certaine intelligibilité et qualité de ce que nous diffusent les deux artistes sur scène. On découvre Temps variable(s) au fil de l’eau, les bords de Saône défilent et forment un excellent appui visuel pour cette œuvre.


Le spectacle visages est qualifié de théâtre musical. Indéniablement cela lui correspond bien puisqu’on remarque un travail de mise en scène et théâtralisation des interprètes, ainsi qu’une présence forte de la musique et autres sonorités. Parallèlement à leurs instruments, les 6 percussionnistes jouent avec leurs expressions du visage pour créer un rythme. Un nouvel environnement se crée sur scène à partir de ces rythmes menés par les sons, les visages et les lumières. Parcourue de notes d’humour, cette œuvre de l’ensemble Tactus est à découvrir.

J’ajouterais que le nom de la journée, Cumulus, me permet de faire un petit clin d’œil amical à Why Note, association basée à Dijon qui a porté ce nom quelques temps…

samedi 22 février 2014

Danse de fin de soirée arrosée en couple, pas si facile...

A travers une histoire bien ficelée, Denis Plassard nous emmène dans un nouvel univers, celui des rites avec sa compagnie (Cie Propos). Peu à peu on doute du bien-fondé de ce qu'il nous expose. Et, finalement, on comprend clairement que tout cela n'était qu'un jeu. Lorsqu'on nous annonce le rite découvert "dans le parking d'une énorme zone commerciale de Lyon", là il n'y plus l'ombre d'un doute!




Aussi inventés soient ces rites, chaque danse trouve son inspiration dans une situation vécue, ou un "tube musical", que chacun reconnaîtra sans difficulté, et les danseurs sont excellents. Drôle et original.

jeudi 20 février 2014

Vous avez dit CIRQUE ?

80 notes pour 4 acrobates qui nous dévoient leur spécialité, leur discipline favorite. Corde souple, équilibre, sauts s'enchaînent dans une série de numéros avec virtuosité.

Le jeu d'acteur mené par une comédienne sur le plateau est formidable. Cloisonnée dans son petit carré tracé au sol, elle passe d'une émotion à une autre en un clin d'oeil.

L'univers sonore accompagne avec harmonie tout ce qui se passe sur scène et les jeux en duo sont précis et adéquats. Le fil rouge du spectacle composé de toutes ces notes sur le cirque est une belle idée originale.



Malgré ces prouesses et cette rigueur de travail, j’ai eu l’impression de rester sur ma faim… Serait-ce dû à l'écho, la communication et la presse autour du spectacle extrêmement (trop peut-être) élogieux ?

En deux mots, découvrez vous-même ce spectacle !


dimanche 13 octobre 2013

Ça va?

Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna sont en résidence aux Subsistances une dizaine de jours pour préparer le spectacle qui leur a été commandé. 
Le thème? LE BONHEUR. Et oui, rien que ça... Alors elles ont dit oui. Tout de suite.

Le chantier présenté au public jeudi 10 octobre m'a rapidement rappelé un spectacle vu au Théâtre Ici & Là à Mancieulles (57) début 2012. Le travail de la Cie Toujours Après Minuit est fondé sur le langage. Le français, l'espagnol, mais aussi le catalan, l'allemand et le langage du corps bien sûr. Parfois drôles dans leurs interprétations à l’excès ou exagérées, d'autres fois terriblement réalistes, les deux complices de scène nous transportent complètement dans leur univers.

Coûte que coûte est à voir aux Subsistances en mars 2014 pendant le weekend ÇA VA?.

D’ailleurs cet événement s’annonce riche et intéressant puisqu’y participe aussi la Compagnie Virevolt avec leur dernière création 50 / 50. Là aussi, la présentation de leur travail l’an dernier avait suscité ma curiosité (article ici).

mercredi 9 octobre 2013

Un bestiaire hors les normes

D'abord créé pour s'adapter à l'environnement de Pierre Prévost en pleine campagne, le spectacle "Un certain Bestiaire" a été repris par Marielle Hubert, metteuse en scène, pour être joué à la MJC Jean Macé à Lyon dans le cadre de la 5ème Biennale internationale d’art Hors les Normes.

Déambulation poétique riche en couleurs et en émotions. 

La comédienne, Maud Fouassier, nous sourit, nous rassemble, nous transporte.

Hall d'entrée, salle de gym, cour extérieure, autre salle plus grande... Tous ces lieux sont habités d'animaux insolites, petits ou grands, volants ou terrestres. Ils sont créés par l'artiste sculpteur "hors normes", Pierre Prévost, à partir d'objets quotidiens hétéroclites et relativement anciens.


Les poèmes d'Henri Michaux et Boris Vian résonnent de façon inattendue dans cet environnement. Parfois le texte fait parfaitement écho aux sculptures ; d'autres fois les animaux de l'artiste mettent en exergue notre propre capacité d'imagination initiée par l'écoute des poèmes.


On rentre dans la narration comme un enfant, on prend plaisir à se laisser divaguer entre les mots et les images de notre esprit. Merci La Folie Nous Suit ! Comme la fourmi, on sourit.

mardi 3 septembre 2013

Danse à tous les étages

La Compagnie Acte et la chorégraphe Annick Charlot nous entrainent dans une aventure artistique et humaine. La première création a eu lieu à l'occasion de la Biennale de la danse de Lyon en 2010 et, depuis, l'aventure se poursuit.
La fresque de "Lieu d'être" présentée sur les balcons s'appelle "Danse à tous les étages". Elle sera présentée dans le 8è arrondissement de Lyon dans le cadre du projet "8è art" et des journées du patrimoine
Depuis le 30 août les répétitions en plein air ont débuté. L'enthousiasme des participants et le savoir-faire des professionnels s'entremêlent harmonieusement dans cet espace tout à fait particulier où se tient désormais une œuvre du plasticien contemporain Armando Andrade TUDELA. 
A suivre...

vendredi 2 août 2013

Chiloé... une île chilienne, oui, et aussi une compagnie lyonnaise!

Après 3 mois de résidence, la Compagnie Chiloé a présenté pendant trois soirs sa nouvelle création : "Jeunet la nuit, la nuit je nais"

L’idée est née de la directrice, Isabelle Paquet, suite à l’expérience d’une nuit passée en yourte.

Frédérick Houdaer a rédigé des poèmes à partir des paroles des habitants du quartier Jeunet à Lyon recueillis pendant ce trimestre. Un recueil en édition limitée a été publié et des photographies ont été éditées mêlant paysage du quartier et animaux de papier imaginaires.



Joli moment de partage, de poésie et de musique sous la yourte de la compagnie. A voir et à revoir!




Autre actualité de cette équipe: en pleine rue, un matin de marché par exemple, un moment intimiste et inattendu de poésie vous est proposé l’espace d’un instant par la compagnie : c’est le Poèmaton.

jeudi 25 juillet 2013

"Le monde vu par le petit bout de la lorgnette à l'heure où l'on étale les performances"

Dans le cadre de Tout Le Monde Dehors à Lyon, il y a d'abord eu la fresque participative où, comme son nom l'indique, le public a pu peindre sur une toile au gré de ses humeurs : une initiative du collectif Artefakt.


Ensuite, le public s'approche du cercle dessiné au sol au milieu duquel il y un tableau noir. Sur celui-ci on peut lire les mots suivants :

CHERCHE MONSTRATEURS  
Si, quand personne ne vous regarde, il vous vient des envies de danser, chanter, voler, vous transformer, vous dévoiler, cracher, bondir, compter, raconter, rugir, battre le rythme d'un pied, d'un doigt, d'un cil...  
Si, l'espace d'un instant, vous devenez homme canon, cowboy à roulette, dresseuse de tournette, équilibriste de brouette, piqueuse de colère, éclaireur de france, mouleur de gâteau, danseuse compressée, collectionneur de tic-tac, accumulateur de coming-out, dépeceur de cartons,...  
Si les tasses à café sont votre seul public, alors venez montrer ce que vous êtes le seul au monde à savoir faire. Participez aux monstrations du Cabaret des Solitudes, le lieu du rien et de l'immense.


Après deux ans de travail, de réflexions, de construction de décor, de rassemblement d'accessoires et bien plus encore, la compagnie La Bobine propose de découvrir Le Cabaret des Solitudes.

Ce spectacle part de l’intime et de son pouvoir créateur en interrogeant « les parts de nous-même que l'on n'ose pas montrer ». Nos solitudes sont toutes originales et personnelles, c’est à travers elles que l’on s’approprie le monde, elles sont « pleines de nos envies, de nos fantasmes » et de nos peurs.


Marie Rouge, Andréane Jenatton, Stéphane Guillaumon et Raphaël Gouisset proposent aux spectateurs d’entrer dans leur monde, de découvrir ces personnages à travers leurs solitudes et comment ils tentent de les partager. 



C’est un spectacle très visuel qui prend une dimension burlesque dans la mesure où  on voit rarement les moments de solitude d’autres personnes. A VOIR!





lundi 15 juillet 2013

Le Cirque Aïtal. 

Un homme et une femme en scène pour un moment de cirque inoubliable. 



Au départ tout semble les différencier. Or là sous le chapiteau soudain on les voit totalement unis et en harmonie. Toute une histoire contée à travers une mise en scène qui parle au public, des portés grandioses, des scènes pleines d’humour et des clins d’œil à leur union personnelle. 



Le spectacle « Pour le meilleur et pour le pire » est rempli d’émotion, pour preuve la merveilleuse scène finale sur la musique de Sophie Hunger qui reprend «Le vent nous portera» de Noir Désir.




Je suis allée aux Nuits de Fourvière à Lyon lors de la dernière représentation. Cependant leur tournée n’en est ni à ses débuts ni à sa fin donc vous pourrez aisément aller les voir dans d’autres lieux, rendez-vous sur leur site web.


mardi 25 juin 2013

"Callas" au festival d'Avignon : interview de Noémie Bianco et Jean-Marc Avocat au Croiseur à Lyon en juin

Pour écrire le texte de « Callas », Jean Yves Picq a choisi d’utiliser uniquement des paroles de Maria Callas tirés d’interviews. Vous avez dit précédemment Jean Marc Avocat avoir choisi ce texte pour la nature des propos de  Maria Callas car vous aimiez profondément cette chanteuse lyrique et vouliez faire partager cette passion. Vous avez mis en scène le texte de Jean Yves Picq avec l’interprète Noémie Bianco.

Jean Marc Avocat, vous êtes metteur en scène de cette pièce, comment vous est venue l’idée de monter ce spectacle précisément à partir du texte de Jean Yves Picq (et pas un autre) et précisément avec Noémie Bianco ? 

J-M. A. :Il faut d’abord savoir que le texte de Jean Yves Picq avait déjà été joué par une comédienne il y a 25 ans avec un montage différent du mien. En effet, le texte de Jean Yves Picq est deux à trois fois plus dense que celui qu’on entend sur scène. Je suis un fan inconditionnel de Maria Callas. Il y a le plus souvent un côté mondain dans les commentaires de sa vie. Il me paraissait beaucoup plus intéressant de prendre ses propres paroles, à elle. Et donc ce texte de Jean Yves Picq.Je cherchais à faire un autre spectacle avec la comédienne Noémie Bianco, seule en scène. Je connaissais les personnes qui avaient monté l’autre pièce à partir du texte de Picq il y a 25 ans et j’avais toujours en mémoire ce texte. En même temps c’était un clin d’œil sympathique vu que son grand-père avait été baryton.
Noémie Bianco, qu’est-ce qui vous a poussé à prendre ce rôle, seule en scène avec les propos de Maria Callas ?
N. B. :J’avais très envie de jouer car ce que raconte le texte m’intéresse. Je ne me suis pas posé de questions sur la difficulté que cela représentait. Et puis j’avais confiance en Jean Marc le metteur en scène. J’avais conscience que c’était un challenge plus grand mais j’avais confiance. Nous avions monté ensemble précédemment des textes de Claudel.La plus grande difficulté a été pour moi l’absence de musique dans ce spectacle. Dans mes précédents rôles, la musique me permettait de me nourrir. Là il n’y a rien, je suis seule en scène sans musique.
D’où vient cette idée de conférence de presse pour relater les propos de Maria Callas ?
J-M. A. :Le texte est complètement tiré d’interviews, parues dans les journaux mais aussi dans des émissions de radio ou de télévision.J’ai pensé que c’était la conférence de presse était la situation la plus juste. Il faut trouver une raison de parler tout seul au théâtre. En fait le personnage de Callas répond à des questions sans que l’on entende ces questions. Et le public a le rôle du journaliste.
Pourquoi imposer un accent à la comédienne ?
J-M. A. :J’avais deux motivations pour lui faire prendre un accent. D’abord Noémie Bianco avait 22 ans lorsqu’on a créé la pièce donc ça la vieillissait un peu, ça la rapprochait de l’image que tout un chacun a généralement de Maria Callas, car c’est une légende, une figure éternelle. La vision proposée par le spectacle ne doit pas être antinomique.De plus les interviews qui paraissent dans ce texte retracent toute la carrière de Maria Callas. Elle était vouée au chant depuis sa jeunesse, de 15 à 53 ans.Lors d’interviews, les journalistes de presse écrite retravaillaient les textes alors que sur les enregistrements audio, on entend les erreurs de langue de Maria Callas. Jean Yves Picq a conservé et transcrit ces fautes dans son texte final. Cela a été compliqué pour monter le spectacle. L’accent a servi à uniformiser, lisser ces différences stylistiques. 
Noémie Bianco, vous avez écouté de l’opéra étant petite car votre famille vous y incitait. Est-ce grâce à cette pièce  que vous vous y êtes intéressé plus particulièrement et personnellement ?
N. B. :J’ai toujours écouté un peu d’opéra, dans ma famille c’était logique. Mais oui c’est sûr, cette pièce a beaucoup contribué à mon goût pour l’opéra. Je me suis beaucoup documentée, j’ai maintenant une admiration et un affect particulier pour Callas. Elle parle beaucoup de l’interprétation, et ce qui est valable pour une chanteuse peut l’être tout autant pour une comédienne. Toute la difficulté est d’être soi-même en étant une autre.
Le spectacle a déjà un beau parcours, de Lyon à Paris et maintenant direction Avignon cet été. Vous le reprenez ensemble après 9 mois de travail distinct, avez-vous déjà pensé à des  modifications ou évolutions à apporter au spectacle ? 
N. B. :Chaque travail que l’on fait nourrit l’autre donc oui, c’est important d’être toujours en activité, de lire des textes etc. Le travail du comédien est très lié à notre vie, le vécu. Plus je grandis, plus je comprends le texte de Callas, ce qu’elle a voulu dire sur sa vie de chanteuse et de femme.Notre souhait est de faire résonner ses intentions, son amour pour la musique et son engagement vers l’opéra.
J-M. A. :J’ai été voir plusieurs fois la salle, la chapelle du théâtre des Halles à Avignon où nous jouons cet été. J’y ai vu un spectacle aussi. Nous allons redescendre cet accent, le lisser un peu car la salle impose une forte proximité avec le public. C’est un lieu très intimiste et il faut mettre le spectacle à la mesure de cette salle pour faire disparaitre toute notion de théâtre au spectateur. Faire oublier le théâtre au public pour que le personnage soit le plus authentique possible rend le spectacle plus juste.A chaque reprise de ce spectacle, nous ne faisons pas que répéter et rester sur les acquis des représentations précédentes. Nous reprenons ce spectacle en le retravaillant. On le re-questionne et on essaie d’aller plus loin.
Il y a 4 ans que vous jouez ce rôle mais le festival d’Avignon est un peu un défi en termes de durée puisqu’il s’agit de 22 jours quasiment consécutifs (une seule relâche). Comment appréhendez-vous cela Noémie, ressentez-vous une différence par rapport aux séries de représentations précédentes ?
N. B. :Nous avons fait 45 représentations au total aujourd’hui. J’ai très envie de jouer.  Il faut surtout du repos car c’est très physique de jouer sur un plateau.
On trouve de précédentes interviews ici : 
http://www.franceculture.fr/personne-noemie-bianco
http://www.youtube.com/watch?v=yh0BeQCiwBo

Retrouvez "Callas" au festival off d'Avignon du 6 au 28 juillet 2013 à 21H30 au Théâtre des Halles.




mercredi 13 mars 2013

Perplexes face à la situation actuelle?

Le Théâtre des Ateliers à Lyon propose "une comédie imprévisible où le rire explose et la vie continue" :  Perplexe.


Le texte de Marius Von Mayenburg est tout à fait dans l'esprit de l'absurde. La mise en scène de Gilles Chavassieux et le collectif ildi!eldi est détonante et en parfaite harmonie avec ce style. Quant aux comédiens, ils portent admirablement les situations invraisemblables et les enchainent avec une facilité incroyable. L'extravagance et l'humour sont au goût du jour.


Alors un seul conseil: allez voir ce spectacle!

lundi 11 mars 2013

La danse des Os pOsés

La Compagnie des Os pOsés est en plein chantier de sa création Hab(r)iter et était à Lyon au Studio de la Cie Propos la semaine dernière.

"Chantier", c'est le cas de le dire puisqu'en s'appropriant un espace pour vivre, on a besoin de construire/déconstruire.
Planches, parpaings, moellons, toiles... les éléments de départ d'une construction pour l'habitat sont aussi les éléments de base de la recherche chorégraphique et musicale. 
Dans la réflexion qu'implique cette création, tous les artistes en présence travaillent autour du corps "comme cartographie sensorielle et émotionnelle".

Sébastien Molliex est chorégraphe, Emeline Nguyen danseuse et Stéphane Paulin musicien.
Ils ont déjà présenté certaines étapes de travail à divers publics et les avis sont unanimes. Tous sont curieux de voir la première du spectacle et soutiennent cette compagnie prometteuse.

J'ai vu l'an dernier 1573 cm3 au festival d'Avignon, superbe pièce chorégraphique entre deux danseurs et le public. Cette année, Hab(r)iter saura sans doute relever le défi de cette réussite.

lundi 26 novembre 2012

"TRACES"

Comme on pouvait s'en douter en lisant le titre, cet événement va laisser des traces... sur les artistes, et les spectateurs assurément!
Ce collectif d'artistes circassiens a présenté pendant une semaine à la Maison de la Danse de Lyon ce spectacle qui a parcouru le monde après sa création en 2006. 
Sur scène, les propositions varient du piano au skateboard, de la corde au cerceau... On ressent toute la concentration et l'énergie que demande ce travail. Et à la clé de chacun de ces tableaux, des prouesses inattendues. Quelques moments de mise en scène comique permettent de reprendre son souffle. 
Sept artistes, jeunes et parfaitement entraînés nous transportent aisément hors du temps, hors de notre quotidien pendant 1H30. Sublime!
Alors si les 7 doigts de la main passent près de chez vous, attrapez-les sans attendre!

vendredi 16 novembre 2012

Pourquoi Virevolter?



Travail autour du lien mené par un duo, un couple. La corde pour fil conducteur. Excellents circassiens à la recherche de réponses à quelques "pourquoi?"... 



Ce chantier de la Compagnie Virevolt, présenté aux Subsistances après 15 jours de travail promet un beau et riche spectacle. A suivre!

mercredi 11 avril 2012

Pygmalion miniature est comme une reprise magique des Métamorphoses d'Ovide par Renaud Herbin. La marionnette-sculpteur semble tout droit sortie d'une BD pour enfants et prend tout de suite le public en sympathie. Emouvant moment où le sculpteur tombe amoureux de sa création. Les ombres et lumières, les marionnettes, toute la scénographie est là pour nous transporter dans ce monde particulier. La Compagnie LàOù vous invite à redécouvrir cette métamorphose portée par le désir et l'amour.
extrait vidéo ici


Renaud Herbin semble tout à fait dans son monde lorsqu'il est entouré de marionnettes. Grâce à ses techniques, il les fait vivre comme de vrais personnages. Un rêve est une forme courte et muette. Nous découvrons les rêves du petit personnage et évoluons avec lui dans ses rêves agités. C'est fin, drôle, poétique et émouvant. A ne pas manquer!
"Joseph K rêvait: c'était une belle journée et K voulut aller se promener mais à peine eut-il fait deux pas qu'il était déjà au cimetière." Franz Kafka
Dans un tout autre genre, pour sa Modeste proposition, Grégoire Callies met en scène un globe terrestre autour duquel circulent quelques personnages, manipulateur et marionnettes se côtoient. De côté, un homme nous parle via la télévision.
Nous savons que la croissance économique est totalement inégale d'une zone à l'autre de la planète.
Sur scène, nous voyons et entendons cet homme à l'écran, sérieux, présentant différents costumes et coupes de cheveux au fur et à mesure que le spectacle avance. Nous n'y prêtons d'abord pas complètement attention car sommes bien plus captivés et attentifs à ces personnages qui gravitent sur le globe. Mais certains mots qui sortent de cette télévision nous interpellent, et nous attirent l'attention de plus en plus. On n'y tient plus, on écoute plus attentivement et on n'en revient pas... Troublant spectacle, impossible de rester froid face à ce discours sur scène. Ça peut faire peur.
Cette création (j'entends par là vraiment l'ensemble du travail collectif réalisé) amène vraiment à se poser des questions.
Osez cette proposition de la Compagnie le Pilier des Anges.

Nouveau directeur du TJP de Strasbourg, Renaud Herbin a succédé à Grégoire Callies le 1er janvier de cette année, et a un projet fort pour le spectacle de marionnettes.

Les quelques spectacles que j'ai vu aux Giboulées de la Marionnette sont divers tant dans leur approche thématiques que dans leur qualité, mais au final une belle fenêtre ouverte sur la marionnette.

dimanche 20 novembre 2011

Compagnies de théâtre à découvrir

La compagnie de théâtre Les Larrons revient au Théâtre Mouffetard à Paris et présente sa reprise de la pièce Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux.
On est heureux de retrouver Isabelle Andréani et Gaëlle Billaut-Danno, très bonnes interprètes déjà vues dans L'échange de Paul Claudel au printemps dernier dans ce même théâtre de la rue Mouffetard.
Marivaux propose avec ses écrits bouffonerie et comedia dell'arte. Il aime échanger les rôles de ses personnages et en faire des stéréotypes. Le burlesque est au rendez-vous, assurément!

En parallèle, je vous invite à découvrir la Compagnie La Valise. Natacha Diet et David Arribe sont venus ce weekend en Meuse pour faire découvrir aux petits et grands leur spectacle Les reliquats. Marionnettes et comédiens se côtoient dans un décor sombre mais précis. Magnifique jeu des artistes, mise en scène originale et réussie. C'est la vieille servante de la Reine qui nous entraîne dans une petite cahute pour découvrir, ou plutôt essayer de retrouver, le Royaume perdu.